L’objectif de cette première séance avec Clem était de produire des images d’un registre différent de mon habituel. La série obtenue, bien qu’un peu disparate, contient des images que je trouve fortes et un peu inclassables.
Henri
Lors de la réalisation d’un portrait, le plus délicat est de faire ressortir la personnalité du sujet, ou du moins une facette de sa personnalité. Extérieurement, je me préoccupe de la manière que la lumière tombe sur le visage, de la pose du sujet, ou de l’arrière plan, mais intérieurement c’est l’expression qui me fait suer et parfois paniquer. Non, ne prenez pas cet air effrayé… je ne vais pas vous tirer dessus avec mon objectif. Ah non ! pas de sourire, je vous en prie, c’est encore moins authentique. Évidemment ! C’est la partie moins technique qui me pose le plus de difficultés.
Et puis parfois, on tombe sur une personne qui déborde d’expressivité, dont le sourire semble venir de l’intérieur et vouloir nous contagier. Quand sur dix clichés j’en garde neuf, je sais qu’il s’agit de l’exception qui confirme la règle. La prochaine fois, je n’en garderai qu’un sur dix, mais ce sera normal.
NYC Skyline
La photographie de paysages urbains n’est pas, en soi, particulièrement difficile. Il suffit en grande partie d’être au bon endroit au moment où la lumière est meilleure. Par contre, ce qui est souvent oublié est la persévérance que cela éxige, parce qu’il s’agit précisément du moment où il fait bon être soit sous la couette, soit devant une assiette bien chaude, et qu’il faut souvent y retourner plusieurs fois.
Heureusement, dans une ville comme New York, les bons endroits (il y en a tant!) ne sont jamais très loin d’un bon restaurant, et voilà en partie la raison pour laquelle je fais beaucoup plus de photographies urbaines que de paysages naturels.
Diop
Cela faisait longtemps que je n’avais fait de séance de portrait « studio », et je remercie Diop, un ami et collègue, de s’être gracieusement et avec un naturel surprenant prêté au jeu de modèle.
De mon côté, la démarche pour photographier une personne avec une peau aussi foncée est un peu différente de celle pour une personne à la peau très claire. Si dans un cas j’aurais positionné les lumières pour éclairer les zones que je souhaitais mettre en valeur, dans le cas présent je place mes lumières de sorte que leurs reflets (sur la peau du modèle) tombent sur mon objectif. Cela signifie que les zones claires mises en valeur sont en fait les reflets des parapluies ou boîtes-à-lumière utilisées. Il va de soi, plus la source de lumière est large, plus l’exercice sera facile, et j’utilise ici une gigantesque boîte-parapluie de 1.5 mètres de large sur la gauche et une relativement petite boîte de 60 cm sur la droite, Diop étant pris en sandwitch entre les deux sources. D’ailleurs, si on regarde ces portraits de près, on observera que la partie gauche est toujours plus agréablement éclairée que la partie droite (j’aurais du ramener deux de ces parapluies des US !)
Les taxis de New York
Les fameux ‘Yellow Cabs’ sont tellement nombreux à New York qu’on pourrait penser à un essaim d’abeilles butinant le pollen (le $ ?) de la mégalopole. J’ai tenté, tout en évitant de me faire renverser, de créer une de ces images iconiques certes surfaites mais néanmoins fascinantes; pour cela il m’a fallu me baisser, m’élever, me mouiller, me percher, me faire klaxonner et certainement passer pour je-ne-sais-quoi !

















































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